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Une âme peut-elle vouloir mourir ?

  • juliengautherot
  • 28 janv.
  • 6 min de lecture

"La mort dans l'âme..."


Vous connaissez peut-être cette expression, qui signifie obéir aux circonstances à contrecœur, lorsque la nécessité nous pousse à agir contre notre volonté, au profit d'évènements qui nous dépassent.


Mais cette métaphore pourrait-elle avoir une signification au sens littéral, "genre en mode premier degré" comme disent nos kids ?


Une âme peut-elle "contenir" la mort, voire... la désirer ?


L'expérience que j'ai traversée ces dernières semaines m'a renvoyé à cette question.


Vous l'aurez sûrement constaté, les énergies du moment sont extrêmement houleuses, polarisant les situations et les gens comme jamais, amplifiant tout dans ses extrêmes, et nous remettant sans cesse face à nos blessures, nos peurs profondes, nos "vieux dossiers".


Bien qu'étant guidé par de vieux ancêtres chamaniques qui me font travailler dur sur moi, je n'ai pas fait exception ; j'ai ainsi été mis de manière systématique et intensive en face de chacun de mes "pots de pus" personnels, et ce dans tous les domaines de ma vie : familial, psychologique, professionnel, chamanique, contingences matérielles etc. TOUT y est passé, et à un rythme effréné ; difficile de reprendre haleine.


Mais il y avait un sens à ça, qui m'a permis de dégager la trame de fond commune à tous ces dossiers.


Ce fil rouge, c'est ma plus profonde blessure : celle de l'anéantissement. La terreur de ne plus exister (aux yeux des gens, de l'univers et par effet miroir : de moi-même). J'avais d'ailleurs déjà fait un post sur cette 6e blessure de l'âme (voir ici).


Mon équipe de l'invisible m'a donc mis "le nez dedans"... jusqu'à ce que je comprenne !


Et cela s'est passé lors d'une méditation très profonde, un matin. Laissez-moi vous raconter.


Assis en posture méditative depuis quelques instants, au lieu "d'atterrir" devant la hutte de l'ancêtre chamane Hi Hana Ktuk comme d'habitude, je me retrouve dans cet espace sacré, céleste et subtil que j'ai déjà connu auparavant. Tout y est blanc et lumineux, comme être au coeur d'un nuage doux et inondé de soleil. L'énergie ici est encore plus pure, plus vibrante. Pour vous donner une idée de la différence : c'est comme si la hutte de l'ancêtre était dans la vallée, et ce lieu au sommet de la haute montagne.


Gabriel, mon guide depuis la naissance, est là, tout sourire. Il est très joyeux comme à son habitude, avec son visage juvénile, sa tignasse blonde et ses sourcils noirs épais (bizarre comme look non ?) Depuis que les ancêtres chamanes ont pris le relais pour m'initier à cet art du chamanisme, j'ai beaucoup moins de contact avec "Gaby".


Pour que je me retrouve dans ce lieu sacré en sa présence, cela annonce du sérieux.

Les deux esprits chamanes Hi Hana Ktuk et l'amazonien Yanomami nous rejoignent. Je les vois arriver de loin, ils marchent paisiblement vers nous en discutant gaiment, comme deux vieux compères qui se retrouvent.


Lorsqu'ils sont à notre niveau, Gabriel fait une chose parfaitement incongrue : il s'approche de l'amazonien, lui ouvre la bouche toute grande et regarde dedans ! Lorsqu'il constate qu'il manque bien deux dents, il commente "Oh, dis donc !" puis part d'un rire spontané, innocent, sans aucune moquerie. Un rire d'enfant. Il est visiblement admiratif et très respectueux du courage et de la force qu'il a fallu à l'amazonien pour se faire sauter deux incisives. (1)


Je suis moi aussi amusé, car la scène est loufoque : il y a un décalage abyssal entre ce guide en robe blanche, très grand, céleste et lumineux, et mes deux petits papys chamanes, l'un couvert de peaux et l'autre portant juste un pagne cache-sexe, de la terre et des feuilles mortes collés à leurs pieds nus ! Pourtant, un profond respect, de l'admiration et un amour inconditionnel les unissent.


Puis soudain, le ton change, cela devient sérieux : Gabriel et les chamanes se mettent face à moi. En une fraction de seconde, je suis téléporté ailleurs, ils m'ont projeté dans une scène étrange : je suis mon âme. "Juste" mon âme, rien d'autre.


Je me sens sous forme d'énergie pure, dématérialisée, je n'ai plus de corps, et tout autour n'est que lumière. J'ai la sensation étrange d'être localisé "ici en moi" et universel en même temps. Je me trouve dans cet espace-temps qu'on appelle l'entre-deux vies.


On me fait revivre une scène du passé assez particulière : celle où je suis mort et arrivé « là-haut », et occupé à faire le bilan de ma dernière vie, celle qui précède directement ma vie actuelle .


Et je constate que cette existence a été une catastrophe, sur le plan de mes agissements et des énergies que j'ai contribué à matérialiser sur Terre (j’étais nazi !) Et par une mise en abîme puissante, cette vie m'en rappelle de nombreuses autres, et me met devant les yeux toutes mes "mauvaises actions" passées.


Le bilan est très sombre, et le fardeau très lourd... trop pour moi.

Je suis débordé par mon propre jugement, ma culpabilité et ma honte.


C'est alors que cette "émotion-pensée" me traverse :


"Peut-être aurait-il mieux valu que je n'existe pas du tout..."


Sur ces mots, je reviens brutalement devant Gabriel et les chamanes, je sors d'une "transe dans la transe". Ils me regardent avec compassion, et me sourient joyeusement. Pour eux, le moment est heureux, léger : je comprends enfin ! Je suis en train de découvrir et intégrer quelque chose de capital.


Gabriel dit alors :

"Ici il n'y a pas de séparation entre une pensée et sa réalisation. Ton âme a pensé ceci, et ceci a alors existé."


Il marque une pause, puis reprend :

"C'est équivalent à ce que l'on nomme "suicide" dans la vie sur Terre."


Un "suicide d'âme" ?! Incroyable... Je suis très surpris de découvrir l'existence de cela.


Et les conséquences me sautent immédiatement aux yeux.

Cette pensée funeste de ma non-existence a une portée immense, qui me dépasse totalement... universelle !


Vous savez peut-être déjà que nous sommes en réalités tous UN, il n'y a pas de séparation entre vous, moi, les animaux, les plantes et les pierres, l'eau, l'air et l'hélium dans le soleil. Chacun de nous est une émanation de l'univers, l'une de ses innombrables manifestations. Ce qui signifie une chose toute simple : l'Univers est en moi, je suis l'Univers... et vous aussi !


Alors, si mon âme a envisagé sa propre non-existence... c'est bien tout l'Univers que je "condamne" avec moi au néant. C'est abyssal.


Que je l'ai réellement souhaité, ou que cette idée m'ait juste traversé l'âme lors d'un moment de peine, il reste que j'ai envisagé ma propre non-existence.


Pire : j'ai jugé qu'elle valait mieux que mon existence.


Et cela s'est instantanément manifesté dans l'énergie, marquant mon âme du seau de l'autodestruction.


Comme une feuille de papier qui se déchirerait elle-même.


De retour à la réalité de notre bonne vieille Terre, j'ai alors entrepris de travailler sur la réparation de cette blessure. Je l'ai mise en perspective de ma vie actuelle. Cela m'a permis de comprendre que la plupart des grosses épreuves de cette vie ont été des caisses de résonnance, des occasions de faire face à cette déchirure de l'auto-anéantissement.

Pour l'expérimenter, la comprendre, la vivre.


Apprendre, tout simplement !


Depuis que j'ai touché cela du doigt, un voile sombre sur mon coeur s'est envolé. Je sais que cela prendra du temps pour guérir solidement, que cela pourrait même revenir, me redonner ce "vague à l'âme" en certaines occasions.


Mais maintenant que le mal est connu, l'antidote peut être choisi avec soin, et administré avec conscience, régularité et amour.


Cet antidote est une promesse que je me fais : ressentir autant que je le peux cette affirmation :


"Je fais bien d'exister !"



Merci de m'avoir lu !



(1) J'ai en effet découvert que le Yanomami n'a plus ses deux incisives du bas. Dans ma compréhension, cette mutilation rituelle est un marqueur de certains chamanes dans sa tradition, ceux qui sont liés au totem du Serpent. L'ablation des incisives du bas permettraient de laisser un libre passage pour la langue, comme le font les serpents lorsqu'ils hument l'air. D'ailleurs, lors d'une précédente transe avec lui il y a quelques semaines, Yanomami m'a appliqué le même rituel, en me faisant sauter les incisives avec un fin morceau de bois avec lequel il a fait levier. Mais croyez-moi : bien que ces dents m'aient été ôtées au cours d'une cérémonie dans l'invisible, mon corps lui a bien ressenti la douleur. Les joies de ce beau métier !





 
 
 

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