Peut-on manger de la viande et être spirituel ?
- juliengautherot
- 15 déc. 2025
- 3 min de lecture
Dans le monde de la spiritualité, on lit souvent ceci :
"...quand on s'éveille on devient végétarien..."
"...quand on mange de la viande on se nourrit de la souffrance animale, et elle abaisse notre propre énergie..."
Si face à de tels propos tu t'es déjà interrogé sur ton propre rapport à la nourriture carnée, ce texte est pour toi !
Nous allons explorer ici le lien entre notre spiritualité et... notre régime carnivore !
Qu'est-ce qui pousse beaucoup d'entre nous vers le végétarisme ?
La compassion, la souffrance animale et l'indignité que l'humain leur inflige.
Beaucoup de gens arrêtent aussi la viande pour des raisons écologiques. Les impacts délétères de l'élevage de masse sur le climat et les ressources planétaires sont des faits aujourd'hui largement documentés. Ces motivations étant davantage rationnelles que spirituelles, je les mettrai de côté ici.
Alors, sur le plan de la spiritualité, est-il juste d'affirmer que lorsqu'on ouvre sa conscience et qu'on s'élève, on doit se détacher de la consommation de viande, par compassion pour le règne animal ?
Les esprits chamaniques qui me guident m'ont apporté un angle de vue que je n'attendais absolument pas. Et le point central de leur enseignement est le suivant :
Les Grands Esprits ne font aucune différence entre une conscience animale ou végétale.
Toutes les deux sont vivantes.
Toutes les deux sont habitées par la Conscience de l'univers, en sont des émanations.
Toutes les deux ressentent et interagissent avec le monde qui les entoure, par le biais de sens, de sensations, d'une sensibilité propre.
Toutes les deux doivent mourir pour nous nourrir.
Toutes les deux méritent considération, respect, compassion et amour.
Vous êtes libre de croire ou non ce qu'affirment les Esprits Ancêtres.
De croire qu'une conscience vit aussi dans les végétaux.
Mais plutôt que croire, le chamanisme invite à expérimenter : vous relier à un arbre ou une plante avec sincérité peut déjà vous ouvrir une autre perception de la conscience du vivant.
Alors, qu'est-ce qui peut nous pousser à créer une telle différence entre animaux et végétaux ? La réponse tient en deux mots : jugement et paradoxe.
Pourquoi juger que telle nourriture est plus acceptable que telle autre ?
Pourquoi mangeons-nous un cochon mais pas un chien ?
Ce jugement et ce paradoxe, que nous entretenons DÉJÀ entre les animaux, peut s'étendre à TOUT LE VIVANT.
Pour en revenir à la consommation de viande, les esprits chamaniques enseignent que la viande est l'une des nourritures les plus denses qui soient, d'une énergie vibrante, profondément "ancrante". Or la densité et l’ancrage sont très souvent les points faibles des personnes connectées à l’invisible - comme si une partie d'elles restait à distance de la matière. Vivre pleinement notre spiritualité suppose pourtant une conscience bien incarnée - littéralement: "dans la viande".
Manger de l'animal n'est donc pas ce qui pose problème pour les Esprits Sages. Non, ce qui bloque vraiment, en revanche, c'est le COMMENT.
Le vivant, animal ET végétal, est Sacré.
Et le Sacré demande de la considération et du respect... ce que notre société actuelle peine encore à honorer.
Que faire, alors ?
D'un point de vue pratique, on peut "bonifier" l'énergie de la nourriture que nous ingérons en prenant le temps de remercier les vies, animales et végétales, qui ont été données pour la fournir.
Reconnaitre qu'il y a eu de la peur, de la douleur, et au final la mort... et honorer ce sacrifice qui nous permet de rester, nous, en vie.
Agir ainsi élimine une bonne partie de la charge négative de ce que l'on consomme.
La spiritualité dans l'assiette ne consiste peut-être pas à manger plus "pur", mais à regarder en face ce que nous sommes, ce qui nous nourrit... et à accepter et honorer cela.
Et ce qu'il se passe dans notre assiette est peut-être, aussi, un enseignement plus général : la mort, le chaos, la destruction... sont aussi des parties du Divin.
Merci de m'avoir lu !





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