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Les frères ennemis (récit d'un soin en trio)

  • juliengautherot
  • 16 juin
  • 4 min de lecture

Un nœud dans les tripes. Une répulsion associée à une méfiance très forte.

Mais, en même temps, une fascination, une envie d'aller vers la personne.


C'est ce que je ressentais à chaque fois que je voyais un post ou une vidéo d'un autre thérapeute, très actif sur les réseaux. Par respect pour son anonymat, appelons-le Jacques. Il arrivait même que la simple mention de son nom me hérisse le poil et allume tous mes signaux d'alarmes.


Il m'a fallu du temps (et aussi que papy Hi Hana Ktuk me mette les points sur les "i" sur ce sujet) pour que j'accepte enfin ce fait : cette personne m'était profondément antipathique, et cela ne datait pas d'hier. Il y avait du dossier karmique là-dessous. Et du lourd, à en juger par mes émotions. Il était temps d'en finir.


Sauf que... si dans mon travail de chamane je sais accompagner les autres dans les nœuds de leurs vies passées et leur démêlage... je ne voyais pas comment me l'auto-appliquer. C'est alors que Papy est intervenu (encore) : "mêle le travail de Sébastien et d'Anne et tu pourras résoudre ce point".


Sébastien est hypnothérapeute. Il peut me mettre en état de transe hypnotique. Anne utilise des bonshommes de bois pour aborder les problématiques de groupe et dynamiques relationnelles, et les résoudre exactement comme on le fait en constellation familiale.


À eux deux, ils pouvaient effectivement me permettre de plonger profond dans cette ou ces ancienne(s) vie(s) puis de résoudre ce que j'y trouverais.


Cerise sur le gâteau : on s'est connu (retrouvé ?) tous les 3 le même jour, on a fait "nos classes" ensemble lors d'un certain salon dieppois, il y a 3 ans (si tu veux savoir comment, c'est ici) ! J'ai une très forte confiance en eux. Bien fait, non, la vie ?


Dont acte : nous voilà dans le cabinet de Seb. Il me plonge en hypnose en deux secondes, puis me guide vers cette vie.


Des sapins, une rivière s'écoule. Elle m'emplit la bouche, je suis à plat ventre entre les rochers et j'étouffe. J'ai mal, je sens une lame dans mon dos, entre les omoplates.


Seb me questionne sur l'identité de mon agresseur.

"C'est mon petit frère, il s'appelle Tindall, il m'a frappé dans le dos"


On creuse :

-- Sais-tu pourquoi il a fait ça ?

-- Oui. Je suis préféré par nos parents. Il est le plus fort de nous deux, mais sombre et taciturne. Je suis plus joyeux et social. C'est pour ça que les gens me préfèrent et ne l'aiment pas trop. -- Il est jaloux ?

-- Oui.

-- Tu sais comment il a procédé pour te tuer ?

-- Oui. Je péchais du saumon, et il est arrivé par derrière. Il a planté son couteau dans mon dos d'un seul coup.


Sébastien me fait ensuite explorer ma maison, discuter avec mes parents, qui ont toujours mis cette rivalité "sous le tapis" et fait comme si tout allait bien. Il me fait ensuite explorer d'autres vies, dont... celle de papy Hi Hana Ktuk !! Car manifestement, cette rivalité aurait pu débuter dans cette très ancienne vie. Mais comme cette partie-là avait déjà été travaillée par le passé, il n'était pas utile d'y passer du temps : le focus devait être mis sur la résolution de la trahison entre les deux frères.


C'est ici qu'Anne a pris le relais. Avec le travail en constellations, nous plaçons rapidement les protagonistes sur la scène. Et la rivière, qui est le théâtre de ce drame.

Nous rejouons le déroulé des faits. Anne creuse :


-- As-tu à un moment senti ton frère arriver, derrière toi ?

-- Oui, mais j'ai cru que c'était un ours. Il y en avait plein en cette saison, ils venaient manger du saumon.


Dans mon for intérieur, je perçois qu'ils ne représentaient pas de danger : il y avait tant de poissons qu'ils se contentaient de manger un peu plus loin. On pouvait pêcher tranquille. Mais je sais aussi que c'est pourtant l'astuce qu'a utilisé mon frère Tindall pour maquiller son crime : il a prétexté une attaque d'ours, qui aurait emmené mon corps pour le dévorer.


Anne m'oriente alors vers la résolution :


-- Qu'est-ce que tu souhaites pour ton frère ?

-- Qu'il vive la même chose ! Qu'il soit trahi et tué, lui aussi.

-- D'accord... Mais... est-ce que ça correspond vraiment à tes valeurs ?

-- ... Non.

-- Alors comment peux-tu résoudre ça ?

-- En pardonnant.

-- Tu sais comment faire ?


Silence. Je sens deux larmes couler sur mes joues.

"Je vais laver mon propre sang, celui qui est sur la lame du couteau, dans la rivière. Et puis serrer mon frère dans mes bras".


Je réalise ces gestes à l'aide des petits bonshommes de bois. À cet instant, je ressens que ce couteau avait été offert à mon frère par notre père. Cela me semble tellement ironique...

Lorsque c'est fait, Anne me fait poser des intentions de réconciliation, de paix et d'amour dans la relation avec Jacques. Une relation de vrais frères.


Elle me questionne alors sur la suite, notamment par rapport à cette relation à reconstruire avec Jacques, dans cette vie-ci. Je ressens profondément que, de son côté, lui aussi sent quelque chose de désagréable à mon encontre, mais il ne sait pas encore ce dont il sagit. Je réponds :

"Lui n'a pas conscience de tout ça. Je ne peux pas lui en parler tout de suite. Le bon moment viendra."


Sébastien reprend alors le relais, me fait refermer proprement l'espace de travail dans l'invisible, puis me fait remonter à notre bon vieux 21e siècle.


Intérieurement, je me sens beaucoup plus léger, et lorsque je pense à Jacques, les mots qui me viennent sont... "p'tit frère" ! Avec un réel sentiment d'affection.


Le travail a porté ses fruits !


Je voudrais conclure ce petit partage d'anecdote en remerciant du fond du coeur Anne et Sébastien pour leur aide précieuse dans cette histoire, et leur confiance pour oser sortir des sentiers battus avec ce soin particulier. Et papy Hi Hana Ktuk, qui sait si bien orchestrer mes aventures vers toujours plus de lumière.


Enfin, un merci tout spécial à toi, "Jacques", ou plutôt... petit frère. Peut-être que tu sens quelque chose, déjà. Peut-être même viens tu de comprendre que c'est toi, Tindall, si tu as lu ces mots. Quand tu seras prêt, on se verra et on pourra en causer autour d'un verre, et célébrer la réconciliation.


Et merci à vous de m'avoir lu :)
















 
 
 

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